Presse, la Voix du Nord du 6 janvier 2013, article de Catherine Painset.
SPECTACLE MUSICAL
Mathilde Braure à Paris pour quatorze soirées de « jubilation partagée »
À partir de demain et jusqu'au 8 avril, Mathilde Braure sera tous les lundis aux Déchargeurs, à Paris, avec son spectacle musical « Accordéons nous ». Une série de rendez-vous que la Lilloise aborde avec beaucoup d'envie et de lucidité.
« Paris, c'est une belle aventure, à la fois un challenge et une chance énorme de rencontrer le public avec mes paroles, mes musiques.» Mathilde Braure ne boude pas son plaisir. À partir de lundi, elle sera sur la scène des Déchargeurs pour quatorze dates. Une conséquence directe de sa présence remarquée au festival d'Avignon en juillet 2012. Et du succès, discret mais sûr, d'Accordéons nous, créé un an plus tôt au même endroit. Plus de soixante-dix représentations déjà (bien) vécues l'ont mise en confiance. « Ce serait différent si c'était le début. Un spectacle, c'est comme une partition. D'abord on le déchiffre, puis on le lit, ensuite on l'interprète. » Mathilde Braure est aujourd'hui au-delà de l'interprétation. Avec ce troisième spectacle solo, elle s'est enfin trouvée. « Je viens comme je suis. Je ne joue pas. »
Entre deux excès
À la fin des Belles Lurettes, duo chanson-accordéon formé avec Martine Delannoy pendant une quinzaine d'années, la Lilloise crée She Loves You, comédie musicale de poche, première étape de recherche « un peu austère ». Trois ans plus tard, en 2009, c'est l'excès inverse d'Odette on va chanter, « avec un personnage complètement too much ». De ces deux essais pas vraiment concluants - « Je les ai joués une vingtaine de fois chacun », l'artiste fait naître le petit bijou Accordéons nous . « Là, tout de suite, j'ai senti que c'était ça, que je tenais quelque chose. » Impression « formidable» d'être au commencement d'une histoire qu'elle vit avec tout ce qu'elle est - auteur, compositeur, interprète, comédienne - et tout ce qu'elle a - la fraîcheur, la naïveté, la légèreté, la sincérité. Et une nature comique qu'elle n'avait pas complètement devinée.« Ça m'a étonnée que les gens rigolent. Le fond n'est pas drôle... » Cheveux blonds en pétard et collants filés, la chanteuse montre sa personnalité cash, nature et pimentée. Elle assume son âge et ses choix. « Il n'y a pas de décor, quasiment. Je ne montre pas grand-chose, mais je dis souvent " Normalement, ici, il y a...". À chacun d'imaginer, de se projeter. »
L'élan sans écran
Sa relation au public, Mathilde Braure l'a voulue simple, directe. « L'absence de micro me donne une grande liberté. Le micro est un écran. Il protège, met de la distance. Moi je ne veux pas de quatrième mur. » Quand elle paraît sur scène, les spectateurs sont tout à elle pour une heure et quart, et elle est tout à eux. « Il y a une part de gestuelle, et les gens peuvent participer, chanter. Ils sont aux aguets, notamment les gosses. » Spectacle familial, insiste-t-elle : « On est largement au-dessus de la ceinture. Chaque texte a plusieurs niveaux de lecture, et chacun y trouve son compte. » Dans cet échange, cette « jubilation partagée », l'accordéon est un complice qui sait rester à sa place. « J'en joue depuis suffisamment longtemps pour ne plus être impressionnée ! » À quelques jours des Déchargeurs, l'artiste l'avoue en souriant : « Il y a toujours cette appréhension d'être en public, cette question, " Vont-ils m'aimer ?". » Licenciée en psychologie en 1981, la jeune Mathilde s'était tournée vers le jeu et le chant quelques années plus tard : « Par besoin d'être regardée. Ce choix-là était un besoin, une nécessité. La quête est là, c'est viscéral. » Les Nordistes l'ont aimée, Avignon l'a aimée, la Fnac qui a fait de son spectacle un coup de coeur l'a aimée, les 147 souscripteurs du disque l'ont aimée, les 25 000 internautes qui l'ont regardée sur Youtube n'ont pu que l'aimer...
Aux Parisiens de s'accorder !
« Accordéons nous avec Mathilde Braure » sera le 9 mars à Wasquehal. Toutes les dates sur mathildebraure.canalblog.com
Coup de coeur de la Fnac, le spectacle sera affiché dans le métro parisien.
Photo Tof! scenesdunord.fr
